We no speak Americano

Ebbets beam

Tu vuo fa l’americano ?
(la célébrissime photo de Charles Ebbets)

Oh, comme je voudrais être américaine… pour pouvoir bloguer en anglais.

Écrire comme eux, en phrases courtes et denses, en inventant les mots qui me font défaut, en utilisant le minimum de circonlocutions et le maximum de mots percutants. Faire des phrases verbales. Répéter. Enchaîner sans transition.

On dirait qu’ils écrivent sans se poser de questions, que ça vient naturellement. Qu’ils ne doutent de rien…* Comment font-ils ? Je trébuche à chaque phrase. Je doute sur mes idées, je peine pour fluidifier les transitions, je m’escrime pour abréger.

La frustration est d’autant plus grande que la lecture  de ces blogs en anglais est une source d’inspiration pour moi ; quand ils m’ont bien gonflée à bloc pour écrire, je prends mon stylo et la complexité du français me saisit et me décourage.

Pourquoi si peu de blogs chrétiens en français ? Ptêtre parce que c’est tellement difficile. Ptêtre aussi qu’on est beaucoup moins nombreux dans ce pays, alors que 500 millions de Ricains, quoi, sans parler des Canadiens et des Britanniques… replaçons les choses dans leur contexte.

Ptêtre tout simplement que j’ai toujours pas trouvé la porte d’entrée dans un réseau foisonnant qui existe quelque part… mais s’il est si bien caché, en quoi est-il un témoignage ?

Ptêtre que les ados français ont été formatés par les skyblogs alors que les ados US sont branchés sur tumblr, qui incite à un autre genre de créativité.

Ptêtre que les chrétiens francophones n’ont pas saisi le web à bras-le-corps comme aux US. Ptêtre que c’est à nous de le faire.**

Ptêtre que les cathos sont moins largués que nous dans cette histoire et qu’on serait bien inspirés de les imiter.

Ptêtre que la complexité du français est d’abord une richesse, pourvu qu’on apprenne à la manier. Elle permet de nuancer et d’affiner son discours, c’est pas du luxe quand on voit les amalgames et les déformations de tout poil qui guettent le message de l’Évangile, qui l’ont toujours guetté depuis 2000 ans qu’il se répand.

On ne devient pas un bon écrivain en un jour. Il faut travailler. S’y astreindre. Et ce ne serait rien s’il n’y avait que la forme… le fond se travaille aussi : être à l’écoute constante de Dieu dans ma vie, éliminer les parasites sur la ligne, rechercher Sa présence, détacher mon regard de mes histoires pour l’attacher à Lui, regarder le monde avec Ses yeux et Sa grâce. C’est ce qui devrait rejaillir ensuite (un peu plus) naturellement dans l’écriture.

Tous les athlètes s’imposent une discipline sévère dans tous les domaines pour recevoir une couronne, qui pourtant sera bien vite fanée, alors que nous, nous aspirons à une couronne qui ne se flétrira jamais. (1 Corinthiens 9, 25)

* Je généralise, forcément, je simplifie. Mais quand même.

** Et c’est ce que fait la Rébellution.

Publicités

5 réflexions sur “We no speak Americano

  1. Un visiteur qui laisse un message dit :

    ça doit être ça … faut se muscler le poignet (même si maintenant on a plus besoins de nos phalanges que du poignet, l’expression reste, n’est-ce pas?) – et avoir un muscle bien perfusé par la chaleur d’En Haut (non pas de déformation professionnelle, juste 6h de cours sur la circulation sanguine)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s