Jehoshabhath est une sacrée nana.

On ne la connaît pas, c’est un personnage discret de l’Ancien Testament, et pourtant elle a eu un culot magnifique et qui mériterait d’être copié. Un petit coup de projecteur sur son histoire (2 Chroniques 22) se justifie donc.

Et c’est pas parce qu’elle a un nom à coucher dehors (pour nous ; en hébreu il a une belle signification) qu’on doit la laisser sur le palier du panthéon des femmes exemplaires de la Bible, Esther, Marie (au choix, il y en a plusieurs), Ruth et cie… D’ailleurs j’ai hésité à la rebaptiser Jéjé pour alléger, mais c’est lâche. Là au moins – si vous arrivez au bout du post qui est un peu long…- vous n’oublierez plus son prénom.

En bref, le pitch :

Quand la reine-mère Athalie tue toute la descendance royale pour usurper le trône de Juda, Jehoshabhath cache le bébé Joas, futur roi. Avec son mari Jehoïada, ils le gardent chez eux et l’élèvent en secret jusqu’à l’âge de 6 ans, et grâce à eux la descendance de David survit, alors qu’extérieurement, tout semble perdu.

Dit comme ça, ça paraît simple. Remettons un peu de contexte.

Jehoïada est sacrificateur, et sa femme une fille de roi. Elle est même la sœur du roi Achazia, qui vient d’être tué à l’étranger, d’où le chambardement politique qui nous occupe. Ils sont hauts-placés à la cour, donc exposés, en vue, mais en même temps probablement protégés par ce statut de sacrificateur contre les intrigues politiques.

Au milieu du massacre et de la confusion qui suivent la mort d’Achazia, ils auraient pu se cacher tous les deux et attendre que l’orage passe. Après tout, la dynastie c’est pas directement leurs oignons, eux ils s’occupent du temple, des sacrifices, du domaine spirituel, et heureusement qu’il y a encore des personnes fidèles qui s’en occupent, vu le bazar moral qu’est devenu le royaume sous Joram et Achazia (le père et le frère de Jehoshabhath, suivez bien).

Athalie, la mère d’Achazia, a décidé de s’approprier le pouvoir en tuant tous les enfants de son fils ; c’est atroce, mais on voit mal comment on pourrait la raisonner ou l’en empêcher si elle a des hommes armés qui lui obéissent, et puis ces enfants sont encore petits (Achazia meurt à 23 ans, ses enfants ne peuvent pas être bien grands), incapables de s’opposer à elle, qui se rangerait de leur côté, qu’aurait-il à y gagner ? Sans compter que dans tous les pays voisins, ça se passe comme ça les querelles dynastiques… Joram lui-même avait passé tous ses frères par le fil de l’épée une fois couronné roi, histoire d’être bien sûr qu’ils ne lui contesteraient pas le trône. Non, restons tranquilles, prions Dieu peut-être, mais ne mettons pas les pieds dans le palais.

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Je peux pas m’empêcher de penser à cette scène. (Via its-a-trap.tumblr.com)

Mais non… Jehoshabhath est allée dans le palais et a « subtilisé » un des enfants (ses neveux, donc), l’arrachant à une mort certaine (avec ou sans sabre laser). Elle aurait sans doute voulu en sauver plusieurs, les sauver tous (on ne sait pas combien d’enfants avait Achazia), mais elle n’a pas eu le temps, pas pu… ce bébé et sa nourrice seuls. 

Dieu a utilisé cette femme courageuse, qui courait le risque d’être tuée aussi si elle était surprise, Il l’a poussée à sauver ceux qui pouvaient l’être. A faire ce qui était à sa portée.

Elle n’a pas fermé son cœur à la compassion, ne s’est pas dit « tout est fichu », non, elle s’est opposée avec toute son énergie et toutes ses ressources au déchaînement de mal, et même si cet enfant seul rescapé peut sembler un résultat dérisoire, c’était immense : à travers lui se perpétuait la lignée de David, l’espoir du peuple. L’alliance avec Dieu n’était pas rompue.

Une situation troublée, un acte de courage et d’espérance plutôt que la résignation, un résultat en apparence dérisoire mais de longue portée… le plan de Dieu s’accomplit par la foi de Jehoshabhath.

Que se serait-il passé si elle n’avait rien fait ? Dieu aurait sans doute utilisé quelqu’un d’autre pour sauver un fils du roi, pour tenir sa promesse de préserver la dynastie. Il aurait suscité une autre personne courageuse… Dieu reste souverain, Il maîtrise le cours des événements. Mais pour cela, Il utilise des personnes comme elle et son mari.

Qu’est-ce que j’aurais fait à sa place ? Ou plutôt, comment puis-je me préparer à ce que Dieu m’utilise, comme Il a utilisé Jehoshabhath ?

Question subsidiaire (pour les fonctionnaires parmi nous, mais pas seulement) : Comment garder une conscience ferme et claire de ce que Dieu agrée et de ce qu’Il condamne, pour savoir accepter ou m’opposer aux décisions qui sont prises par mon gouvernement ?

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