Plume d’invité : déplacer les montagnes, vraiment ?

Partager sa foi, partager sa foi… c’est bien joli de dire qu’il faut partager sa foi, mais concrètement, c’est pas si facile tous les jours… Un ami, appelons-le Ernest (petite blague entre nous), m’a envoyé ce témoignage plutôt chouette. Qui veut faire 9 heures de voiture avec lui ? Vous ne vous ennuierez pas, promis.

Nous traversons la France en voiture. Le père d’un ami est au volant, nous sommes partis de Paris à deux, il n’écoute pas de musique et nous avons neuf heures pour faire connaissance. L’occasion de parler de Dieu est en or massif.

Nous quittons la Beauce, les sujets « grands dénominateurs communs » sont épuisés. A partir de Bourges, je commence à lancer quelques allusions. Calage : la conversation ne démarre pas. « Je vois pas à quoi ça me servirait, d’avoir la foi. » Nous approchons de Clermont et nous roulons en silence. Je jette un œil par la vitre : le soleil termine sa course derrière le Puy-de-Dôme, nimbant ses contours de lumière et auréolant son sommet. Nous apprécions tous les deux le spectacle. Sans aucune finesse, je lui parle d’un passage de la Bible qui dit que la foi est merveilleuse parce qu’elle peut déplacer des montagnes. La réponse ne se fait pas attendre : « Si Dieu bouge cette montagne, je ferai tout ce qu’il veut ! » Aucune méchanceté dans ses paroles, mais la fierté de son bon sens ayant remis à sa place ma naïveté. Je pourrais lui expliquer que c’est plus compliqué que cela, que Dieu n’agit pas à la commande, mais ce serait reconnaître ma défaite rhétorique. Je prie intérieurement pour sortir de cette semoule. Je regarde à nouveau la montagne, les couleurs ocre et émeraude sont chatoyantes.

Je me retourne vers mon chauffeur. Je lui dis que je trouve la montagne très bien où elle est. Il en convient. Pourquoi voudrait-il la déplacer ? Et pour la mettre où ? Il rit. Est-ce vraiment ce qu’il voudrait que Dieu fasse pour lui s’il avait l’occasion de Lui parler ? Non. Alors quoi ? D’abord, dit-il, que ce voyage se finisse rapidement ! Ensuite…il réfléchit, il commence à parler de sa vie, de ce qu’il souhaiterait changer. Amours, guérisons, regrets, projets, les sujets se multiplient. Il fait nuit, et nous parlons encore.

Nous sommes arrivés, épuisés. Je le remercie de s’être confié. Au moins, son premier vœu s’est réalisé : le voyage ne s’est-il pas terminé plus rapidement qu’il n’a commencé ? Nous nous serrons la main sur ces mots.

Je n’ai pas besoin de faire des miracles pour parler de l’amour de Dieu et je n’ai pas à faire la démonstration de Son existence. Il suffit de partir du cœur de l’homme. Tout homme ne porte-t-il pas en lui une trace de l’amour divin ? A nous de la reconnaître en chacun.

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