Il t’appartient

(source : pascalcampion.tumblr.com)

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Ô Eternel, sauve ton peuple et bénis-le : il t’appartient. Sois son berger, et prends soin de lui pour toujours.

(Psaume 28, 9)

Ma chef veut tellement bien faire son boulot qu’elle en dort mal la nuit. Elle me ferait presque culpabiliser. Surtout, elle me communique son anxiété… Ce qui me pousse à faire de looongues journées de bureau pour tenter de résoudre tous les problèmes et de maîtriser tous les dossiers. Sauf que, surprise, plus j’en fais, plus je vois à quel point il faudrait en faire plus. Le trou sans fond.

J’ai commencé par « ma chef » parce qu’à la base je ne suis pas moi-même la fille la plus stressée du monde… loin de là. Et c’est bon signe : ma sérénité n’est possible que parce que je me confie en Dieu. Mon souffle est entre les mains de l’Éternel. Ma santé est entre ses mains. Mon avenir est entre ses mains. Ceux que j’aime sont entre ses mains.

Mon travail… Allez, dites-le tous avec moi : « Mon travail est entre ses mains, pas besoin de m’angoisser ». Je parie que je ne suis pas la seule à m’étrangler à moitié.

C’est tellement terre-à-terre le travail – même quand on aime énormément son job. Jongler tous les jours pour garantir que des délais sont respectés, que des collègues ne couleront pas une bielle au téléphone avec un type désagréable ou franchement menaçant, que les dossiers Machin07 à Machin09 sont bien traités suivant l’avenant 4bis provisoire de la procédure 2013-56… Pas de vies en jeu. Rien qui fera la différence dans l’éternité. J’ai parfois bien du mal à me dire que ça intéresse le Créateur du ciel et de la terre.

Donc c’est à moi d’assumer, de retrousser mes manches pour que ça avance. C’est ma responsabilité, notre responsabilité d’équipe. Interdit de se réfugier derrière des affirmations abstraites du type « Dieu nous protègera ».

Oui, mes dossiers sont un peu usants, mais si je manifestais la même sérénité au boulot qu’en dehors, ne serait-ce pas irresponsable ? C’est la panique à bord, me dit-on tous les quatre matins. Et je devrais leur répondre Peace and love mon ami ! Souris, Jésus t’aime ! Ben voyons.

C’est à peu près dans cet état d’esprit que le Psaume 28 m’a cueillie. Surtout le verset 9. « Il t’appartient ». Oui, les membres de « mon » équipe sont dans les mains de Dieu. Nos interlocuteurs, en détresse ou simplement pénibles, sont ses créatures. Il connaît chacun. Ils lui appartiennent. Je ne suis qu’un instrument dans ses mains. Il peut se servir de moi pour régler un problème, ou il peut utiliser n’importe quelle autre ressource de son inépuisable sagesse.

Considérer sereinement son boulot, ce n’est pas irresponsable. C’est s’emparer des promesses de Dieu et se les appliquer même là où ça pique. C’est refuser de se donner plus d’importance qu’on n’en a réellement. Ça fait partie des choses qu’il faut se répéter souvent parce que tout autour de nous rabâche le contraire.

Il y aurait des tonnes à dire sur ce sujet. Quelqu’un de plus expérimenté en parlerait mille fois mieux que moi. (Mais si on doit attendre d’être le plus expérimenté sur un sujet pour s’exprimer alors… le calcul est vite fait, je vais me recoucher.) Sans rire, si tu, si vous avez connu ou connaissez ce dilemme responsabilité/sérénité dans votre métier, si vous le traversez avec Dieu, parlez-en. On a tellement besoin d’être encouragés et enseignés là-dessus – surtout les jeunes pleins d’illusions comme moi. Mais pas que moi, je crois.

 

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5 réflexions sur “Il t’appartient

  1. Dans une entreprise française de fabrication de voiture, il y a quelques années déjà, lors des premières économies dites ‘d’échelle’, un des ingénieurs avait participé au projet et mis au point des ‘chaines de fabrication’ toujours plus performantes.
    Toujours plus de voitures étaient fabriquées, toujours plus vite et avec moins de personnel.

    D’astuce en astuce, cette entreprise a réalisé des économies énormes. Mais les jours ayant 24h, les machines ayant des limites ‘physiques’, concrètes, les chaines de fabrications sont arrivées au bout de leur possibilité.

    L’ingénieur, s’est vu confier à nouveau la tâche de réduire encore plus les couts de fonctionnement … hors, c’était matériellement impossible. On lui demandait de faire une chose irréalisable, qui même avec le soutient des meilleurs ingénieurs, avec les meilleures ‘astuces’, inventions, etc, cette chose était irréalisable.

    Passablement d’entreprises engagent 2 personnes pour faire le travail de 3 ou encore crée soudain UN poste à la place de DEUX … ceux qui assument sont organisés, motivés, jeunes, etc, etc. Mais il suffit d’une tâche supplémentaire ou d’un imprévu …

    … les imprévus sont souvent peu pris en compte dans le cahier des charges et soudain il s’alourdit … ou encore, la personne a été engagée et à assumer un temps l’IMPOSSIBLE … mais sur du long terme, c’est IMPOSSIBLE à réaliser, et par personne …

    Question : est-ce réellement POSSIBLE que ta cheffe assume, tout ce qu’on lui demande d’assumer ?

    • Merci pour ton exemple. On est effectivement dans un contexte de réduction des effectifs chez nous donc ça se transpose bien.
      J’ai parlé de ma chef parce qu’on discute souvent ensemble de nos priorités, de l’équilibre entre boulot et vie perso, et que ces échanges me font réfléchir à ce que ça change, pour moi, de vivre ce contexte de travail en étant chrétienne. Mais je ne peux pas répondre à sa place à ta question 😉
      Dire qu’on nous demande l’impossible… je ne crois pas. On donne beaucoup, c’est clair, et on est obligés de faire des choix, parce qu’on ne peut pas tout mener de front. Chacun essaie de gérer la pression comme il peut, avec les ressources qu’il a, et de partager ces ressources !

  2. Flo dit :

    Post de blog qui traine dans ma tête depuis la semaine dernière, que j’ai partagé et repartagé… On est quand même plusieurs à qui ça a fait du bien. Et qui se sont aussi étranglées à moitié en disant « Mon travail est entre ses mains, pas besoin de m’angoisser  » 🙂 Comme quoi…

    Bref, merci, c’est chouette comme article, et ça fait réfléchir…

  3. De rien ! ça me réjouit à fond de lire ça, que cet article a pu faire du bien. Et en même temps c’est triste qu’on soit si nombreux à douiller, faut vraiment qu’on s’épaule là-dessus… Merci pour ton retour !

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