Une leçon de confiance

Supposons. Supposons que Dieu t’ait fait une promesse. Une belle et grande promesse, incroyable et en même temps très concrète, qui aurait un impact très net sur ta vie.

Alors bien sûr il est Dieu. Il tient ses promesses. Tu sais que c’est du costaud. Tu t’en fais tout un cinoche à l’avance, ça va être trop génial quand ça arrivera.

Et puis le temps passe. Les mois, les années coulent.

Dieu avait pourtant bien promis.

Ou bien j’aurais mal compris ?

A bien y réfléchir, il ne l’avait pas dit exactement comme ça. Il y avait des nuances. Des clauses. J’ai extrapolé. Il a été plus précis. Oui, sûrement. Parce que ça, cette chose que j’attends, dont je rêve si souvent, c’est trop fou. Il n’a pas pu vouloir dire ça. S’il avait voulu dire ça, ça fait perpet’ que ce serait devenu réalité, que je pourrais le toucher du doigt. Dieu est Dieu, nom d’un ptit bonhomme.

Et puis mon ça, il serait pas un ptit peu égoïste ? Et d’abord, est-ce que je le mérite ? Avec toutes les boulettes que j’ai accumulées ces dernières années. Il vaudrait presque mieux que ça se réalise pour quelqu’un qui le vaut vraiment, quelqu’un qui a prié plus fidèlement que moi, qui a fait des tas de trucs utiles, qui a fait de vrais progrès dans sa marche avec Dieu…

Ou alors Dieu attend que je me bouge un peu les fesses. Tout ce temps à gentiment roupiller sur sa promesse, ça va bien. Soyons pragmatique, qu’est-ce que je peux faire pour aider à ce que ça se produise dans un futur pas trop lointain ? Je vais prendre des cours. Ou m’entraîner avec quelque chose qui y ressemble, tant pis si c’est pas exactement pareil. Ou côtoyer plus de gens qui l’ont vécu. Ou me fixer une discipline de prière stricte, et cocher des bâtons dans un carnet à chaque fois que j’ai prié pour ça.

Peut-être que Dieu veut m’apprendre la patience. Oui, certainement, il veut m’apprendre la patience. Peut-être même qu’il ne me donnera ça que dans très longtemps, et que je ferais mieux de m’habituer tout de suite à vivre sans. « Pour moi vivre c’est Christ », non ? Le reste ne devrait pas compter.

Ouais, supposons que par un hasard tout à fait extraordinaire tu aies ce genre de débat intérieur. Bouh mon pauvre ami tu es si peu spirituel. Douter des promesses de Dieu ? Mais voyons. Quel chrétien sensé douterait des promesses de Dieu. Tout est toujours tellement limpide dans nos vies, tout glisse toujours comme dans du beurre, cool mon ptit Raoul, c’est le paradis tous les jours ici-bas.

Bon, si vraiment tu es dans cette situation lamentable qui ne m’arrive jamais il y a un pauvre type patriarche biblique et sa femme qui ont connu ça avant toi. Ils s’appellent Abram et Saraï, à l’époque. Qu’est-ce que Dieu leur avait promis ? Oh, une bagatelle. Mais sympa quand même. « Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance pour toujours »… « Tous les peuples de la terre seront bénis à travers toi »… « Tes descendants seront aussi nombreux que les étoiles du ciel ».

La première étape de tout ça étant bien sûr d’avoir une descendance, ils avaient déjà réservé leurs cartes famille nombreuse à la SNCF et emménagé dans une tente plus grande en prévision des chambres à faire pour les enfants. Mais le papier peint était posé depuis longtemps (et je vous prie de croire que poser du papier peint dans une tente c’est pas un truc de débutant) et toujours pas l’ombre d’un premier bébé. Alors ils sont sans doute passés par toutes les phases ci-dessus. Ou à peu près.

Et puis au bout du compte, Saraï en est arrivée à la phase pragmatique. Bon, ok, Dieu a promis une méga-descendance à mon mari. Mais peut-être qu’il ne pensait pas vraiment la lui donner à travers moi ? A l’âge que j’ai maintenant, faut être lucide ma pauvre, les enfants c’est fini pour moi. Après tout pourquoi ne pas faire ce qui tombe sous le sens, et que tellement de couples un peu aisés de notre époque ont fait avant nous ? Par l’intermédiaire d’Agar, ma servante, qui est tout à fait en âge d’avoir des enfants, on peut très bien y arriver. Bien sûr, j’avais rêvé que ce soit des enfants nés de mon ventre à moi, cette descendance promise et bénie, mais je suis sans doute trop égocentrique. L’essentiel est qu’Abram ait enfin un enfant. Foin d’idéalisme.

Tu peux lire ou relire l’histoire en Genèse 16… et quelques rebondissements jusqu’à son aboutissement en Genèse 21, 1-2.

Oui, ils ont eu ce fils promis, et cette descendance, et toutes les bénédictions annoncées se sont concrétisées. Quand Dieu promet quelque chose, il ne le fait pas pour nous arnaquer avec une version au rabais. Il sait ce dont nous avons besoin au plus profond de nous, il nous connaît par cœur, et il est plein d’amour et de puissance pour accomplir ses promesses.

Que tu attendes et que tu pries pour quelque chose de précis ou de plus vague, depuis des mois ou des années, surtout ne doute pas de l’amour de Dieu. Il n’est pas paresseux ou négligent ou cruel… ses plans sont parfois bien trop grands pour que notre petit esprit en saisisse la cohérence, mais leur issue est toujours une bénédiction pour nous.

C’est humain de passer par des phases de découragement. C’est à travers ces phases difficiles que notre foi se fortifie. Mais c’est les yeux fixés sur Christ, sur la fermeté de ses promesses et la réalité de son amour, que nous pouvons dépasser le découragement, et croire déjà en quelque chose que nos yeux ne peuvent pas voir encore. Comme le ciel, en fait, invisible pour l’instant mais complètement certain et réel.

Autant que les étoiles du ciel, purée !

Autant que les étoiles du ciel, purée !

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5 réflexions sur “Une leçon de confiance

  1. Melinda dit :

    Ehhh oui, tu as tout à fait raison! Il faut qu’on apprenne à avoir confiance dans les promesses de Dieu en sachant qu’il les accomplira au moment voulu! Il faut de la patience!

  2. Iphoes dit :

    Ma méditation du jour :
    « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur. »
    Et aussitôt, l’Esprit le pousse au désert.
    (Mc 1, 11-12)

    Ça peut être long, le désert… Mais s’il était une grâce… ?

    • C’est vrai que l’enchaînement tel qu’il est transcrit dans Marc est surprenant ! Je n’avais jamais remarqué !
      Une grâce, je ne sais pas… j’ai du mal à aller jusque là… peut-être parce que c’est dans le désert qu’on s’approche de Lui ? mais je crois bien que Dieu est glorifié par notre façon de marcher dans le désert.

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