Parole de mono – Quentin

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Une série d’événements familiaux plutôt tristes m’ont tenue éloignée du blog ces dernières semaines mais il me reste un témoignage de mono à publier, et il est tout aussi touchant et fortifiant que les premiers : ce serait dommage de le différer plus longtemps ! Bien que la haute saison des camps soit passée, ça nous rappelle de bons souvenirs, ou bien ça nourrit des envies pour l’hiver ou l’été prochain…

Quentin a écrit un témoignage d’un seul trait. C’est bien, comme ça vous n’aurez même pas eu le temps de commencer à vous lasser des 4 questions toujours les mêmes que je pose d’habitude.

Hello, Je m’appelle Quentin. J’ai 20 ans et je suis chrétien. Je termine juste des études d’infirmier. Les colonies de vacances et moi c’est tout une vie, c’est vraiment beaucoup de joie. J’ai fait mes premières colos avant de savoir marcher. En effet mes parents sont des fervents directeurs de centre de vacances. Alors depuis que je suis né, je n’ai pas vécu un été sans participer à une colo. Bon je n’ai pas commencé à être moniteur dès mes 6 ans. Petit à petit j’ai monté les échelons et multiplié les destinations. Colon puis aide ménage, tant dans les Pyrénées qu’en Suisse en passant par le Vercors, j’atteins enfin mes 17 ans. Il est temps de s’y mettre, je veux être moniteur. J’ai donc passé mon BAFA en 2012. Ce fut ma première colo en tant que moniteur de vacances. Depuis celle-ci j’ai recommencé l’expérience 2 fois.

L’été 2013, j’ai eu la chance de partir aux Philippines 3 semaines. Nous étions un petit groupe de 8 et voyagions pour un but humanitaire. La deuxième semaine était réservée à une colonie de vacances pour les enfants du bidonville. Pour une raison de sécurité nous faisions cette colo dans l’église qui nous accueillait pour notre projet. Le premier jour nous avons vu arriver la première vague de 56 enfants âgés de 4 à 12 ans dans un espace de 15 mètres sur 6. Nos petites normes françaises ont éclaté d’autant plus que peu d’entre eux connaissaient l’anglais.

Le troisième jour en entrant dans l’église j’étais à bout de forces. J’étais à une extrémité de l’église et je voyais les enfants rentrer plus déchaînés que jamais. Un sentiment d’abandon m’a pris et je me suis dit que je n’y arriverai pas par mes propres forces. Je me suis alors assis. J’ai pris un temps avec Dieu pour lui demander des forces et de l’amour pour ces enfants. Croyez-le, cette journée était magnifique. Rien n’avait changé, les enfants avaient autant de vigueur. Mais Dieu était avec moi et le sourire jusqu’aux oreilles je jouais avec eux sans énervement. Ce jour-là, j’ai vraiment expérimenté le verset, « je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens 4 v 13).

L’été 2012, lors de ma première colonie de vacances dans le Vercors je m’occupais du groupe des 8-10 ans. Et dans mon groupe de gars il y en a un dont j’aimerais vous parler. C’est un jeune garçon de 9 ans tout à fait comme les autres. Comme les autres jusqu’au moment où il a fait une crise. Quelque chose l’a contrarié alors que nous étions à table. Il est sorti du bâtiment et je lui ai couru après. Il était incontrôlable et ne voulait ni me regarder ni me parler ni bouger. A chaque fois que j’essayais de poser ma main sur lui il me repoussait violemment. Je lui ai donc dit que s’il avait besoin d’être seul il n’y avait aucun problème, mais il devait rester à ma vue. Je l’ai donc obligé à rester dans le bâtiment mais pas à table avec les autres enfants. Le soir après la veillée je vais dans les chambres pour les coucher. Tous sont là sauf lui. Il n’était pas aux toilettes pas à la douche pas dans les autres chambres. Je regarde par la fenêtre et le vois courir vers la forêt qui longe le terrain. Trop loin pour le rattraper je cours chercher de l’aide et nous partons à sa recherche. Près d’une demi-heure après, il faisait presque nuit, je remonte pour m’occuper du reste du groupe et là je le vois dans son lit. Je lui prends le bras avec force, le sors de sa chambre et l’assois dans le couloir et lui parle méchamment lui disant qu’il n’a pas intérêt de bouger.

A la fin de la colo, en discutant avec son père j’ai appris que cet enfant était suivi par une psychologue pour des crises de nerfs violentes. J’aurais aimé le savoir avant pour m’y préparer. J’aurais aimé ne pas être « violent » avec cet enfant. Mais la peur fait des ravages. La peur non contrôlée peut nous faire faire des choses que jamais nous ne ferions normalement. Il est important dans des situations comme celle-là de ne pas rester seul de s’appuyer sur l’équipe. Il est important de connaître nos limites et de passer la main si elles viennent à être effleurées.

Merci Quentin 🙂

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2 réflexions sur “Parole de mono – Quentin

  1. Melinda dit :

    Super comme témoignage! J’ai toujours eu beaucoup de plaisirs dans les camps et c’est vraiment à cause de vous les monos!
    Il est vrai que dans tous les cas, et pas seulement dans les camps, il faut compter sur Dieu pour nous donner la force.
    Merci Quentin!!
    Et merci Isa, je prie pour ta famille!

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