Un chemin pour les petits combats récurrents du quotidien

J’ai un petit problème avec les séries. Et bien que le grand internet mondial tente de me persuader que c’est ok, que tout le monde binge-watche des bêtises le samedi aprem avachi sous sa couette et que c’est une façon de se reposer tout à fait acceptable, un petit aiguillon interne continue à me dire que c’est aussi un phénoménal gaspillage de temps, doublé parfois d’une subtile pollution de cerveau.

Ne me frappez pas si vous en avez marre de vous entendre dire ça. Quoique, si ça vous agace, posez-vous la question un peu plus longuement, peut-être. En tout cas je ne prétends pas vous poser la question de votre rapport aux séries en particulier. Simplement témoigner de ma petite lutte à moi et peut-être vous aider dans vos propres petits combats quotidiens.

Vous savez, ces petits trucs qu’on a envie de faire mais qu’on a au fond la conviction qu’on ferait mieux de résister. En langage clair, on appelle ça des tentations. Ouuuh le grand mot est de sortie ce soir.

Les séries, une tentation pour moi ? Meuh noooooon. Je n’en suis pas dépendante. Je ne regarde pas de séries explicitement immorales. Je ne sèche pas le culte ou d’autres activités chrétiennes pour regarder des séries. Elles ne m’empêchent pas de lire ma Bible ou de me conduire en chrétienne. A partir de tout ça, faut pas pousser le puritanisme trop loin non plus, les séries n’ont rien de méchant pour moi.

Je vous promets, encore une fois, que mon propos n’est pas de culpabiliser tout le monde sur sa consommation de séries. C’est juste mon exemple perso d’une petite tentation du quotidien. Une chose en apparence petite, mais dont Dieu me convainc peu à peu qu’elle est un obstacle à ma marche avec Lui.

Vous voulez des citations bibliques hors-contexte derrière lesquelles abriter ma réflexion ? Ok on peut en trouver. Mais ce qui serait réellement utile, c’est de lire un passage complet (Ephésiens 2, 1-9) qui traite de la sanctification et de voir à quoi il fait référence dans votre vie. Dans la mienne, il fait clairement référence aux séries.

Donc mon propos ici c’est pas « comment repérer ces petites choses dans votre vie ». Non, c’est qu’est-ce qu’on fait une fois qu’on les a repérées.

J’ai réalisé quelque chose, c’est que la tentation devient de plus en plus facile à gérer au fur et à mesure que je résiste. Plutôt que de me dire d’emblée « de toute façon je finirai par craquer, alors pourquoi pas maintenant », si je tiens bon la première fois que l’idée se présente, ce sera un peu plus facile de tenir bon la deuxième fois, parce que je l’ai déjà fait une fois. Et la fois d’après, encore plus. Et la fois d’encore après, je commence à me sentir comme une grosse star de la sainteté et c’est là que je vais me ramasser la figure et craquer parce qu’après tout, « j’ai déjà été bien assez sainte pour cette semaine » – non mais qui se formule réellement des trucs comme ça dans sa tête ? Pas texto comme ça mais pas loin… cte honte quand même.

Quand une nouvelle série se présente – qu’on m’en parle, qu’un blog en parle, que youtube me suggère la vidéo – je finis plus ou moins rapidement par regarder la bande-annonce. Ou le premier épisode, « pour voir ». Et puis bah comme tous les premiers épisodes intelligemment construits, il me donne envie de voir la suite. C’est là le moment de la première petite lutte. Parce que ce premier épisode, il m’a dit plein de choses, il m’a dit à la fois que ce serait très distrayant de regarder la suite, mais aussi que ça ne changerait pas ma vie, loin de là, et même que ça m’occuperait le cerveau avec des choses au mieux inutiles, au pire légèrement nocives (notez bien le légèrement, j’assume pas de dire qu’une série est carrément nocive, certains franchissent le pas avec détermination, à vous de voir pour vous). Donc à ce stade-là, au fond, je sais déjà à quoi m’en tenir : ce serait mieux de ne pas poursuivre et de passer mon temps à autre chose.

Malgré ça j’ai bien envie de cliquer sur « next episode ». 20 minutes de plus ou de moins de légèreté dans ma vie qu’est-ce que ça peut bien faire ? J’ai rien de prévu ce soir/cet aprem de toute façon.

A ce moment-là, ça paraît hyper dur de se retenir parce qu’on ne voit vraiment pas l’intérêt. L’impact de regarder un deuxième épisode est limité. Sauf que le deuxième épisode crée déjà une familiarité avec la série, l’histoire commence à être mise en place, et je vais avoir encore plus envie de savoir la suite. Donc de regarder 12 épisodes ou plus, et d’enchaîner sur les saisons suivantes, bref on n’est plus à pinailler sur 20 minutes, c’est un bon paquet d’heures que je vais y passer dans les prochains jours ou semaines.

A chaque fois ce ne sera pas grave, mais quand en parallèle je manque de sommeil ou de temps pour lire ou pour sortir avec des amis ou pour prendre des nouvelles ou que sais-je… ces quelques heures seraient bonnes à prendre. Sans même sortir l’argument massue : « tu ferais mieux de prier à la place ! »…

Donc si j’ai un éclair de lucidité avant de cliquer – plus exactement si le Seigneur dans sa grâce m’offre un éclair de lucidité – je me fixe un petit objectif : attendre demain pour l’épisode suivant. Et le lendemain, c’est déjà plus facile de dire non, de faire autre chose à la place. Le truc de la tentation, c’est de vous prendre au moment de faiblesse. Si vous passez au-delà du moment le plus faible, le plus gros risque de craquer est évité.

Je crois que le Seigneur honore nos petits pas de foi. Mais il nous demande aussi de les faire, avec fidélité et persévérance.

Ensuite, chaque pas est plus facile que le précédent. Quand j’ai commencé à dire non une fois, puis deux, continuer à dire non devient plus naturel.

J’ai écrit cet article il y a plus d’un mois, début octobre. Ça paraissait imprudent de le publier avant d’être sûre que le cap de cette tentation était bel et bien passé pour moi. Aujourd’hui il est passé. Je pourrais faire le compte du nombre d’heures gagnées depuis un mois à ne pas regarder cette série, c’est ma petite victoire personnelle. Mais cette attitude permet je crois de remporter bien d’autres victoires, chacun dans les combats qui nous sont propres. Peut-être l’avez-vous expérimenté pour vous ?

Résistez au diable, et il fuira loin de vous.

(Jacques 4,7)

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8 réflexions sur “Un chemin pour les petits combats récurrents du quotidien

  1. Melinda dit :

    Merci Isa pour cet article. C’est vrai que on est toujours confrontés par des tentations, et Youtube ne facilite pas la tâche! Heureusement que Dieu nous donne la force pour ne pas tomber si on veut bien s’appuyer sur lui. Que Dieu te bénisse, Isa!

  2. Bonjour,

    merci pour cet édifiant article !

    J’aime bien ton : « si le Seigneur dans sa grâce m’offre un éclair de lucidité – je me fixe un petit objectif : attendre demain pour l’épisode suivant. Et le lendemain, c’est déjà plus facile de dire non, de faire autre chose à la place(…) »

    A noter que le Seigneur est aussi Celui qui a su dire non à certaines choses. Cf Matt.4v1-11, bien sûr-ses réponses aux tentations alors qu’il était « dans un moment de faiblesse » sont éloquentes-mais aussi Matt.12v38 et ss.
    Et Tite 2v11-12 nous enseigne que c’est « la grâce[et non la loi, ou « le puritanisme »], source de salut pour tous les hommes », qui « nous enseigne » à d’abord « dire non », puis à « dire oui ».

    Et savoir « dire oui » et « dire non » n’est pas une question de ce que ce soit « bien » ou « pas bien », mais bien plutôt une question de vie ou de mort.

    Fraternellement,
    Pep’s

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