Venir en touriste dans une retraite spi : témoignage

touriste retraite spi

(Photo Steve Halama)

Je reviens d’une retraite spi de trois jours pour jeunes pros. Le thème, « may the force be with you ». Nonchalante je m’y rendais, pour découvrir le format et la population de cet événement nouveau pour moi, sans ressentir une énorme soif de recevoir. Comme souvent dans ce type d’événement, je me préoccupais, soyons honnête, davantage des participants et de comment je m’intégrerais parmi eux que du fond. Non pas que je m’en fichais, mais j’y allais en confiance et sans grandes attentes. Pour donner une idée de mon état d’esprit : le premier jour, on nous a demandé de répondre à plusieurs questions en se levant (pour dire oui) ou s’asseyant (pour dire non). A la question « est-ce que vous vous sentez plutôt forts ? » je me suis levée. « Est-ce que vous vous sentez plutôt faibles ? » je me suis rassise. Humble, comme toujours… non, bien sûr, j’ai des faiblesses, des failles profondes, je le sais, mais je n’arrivais pas harassée ou à fleur de peau.

Les conférences et ateliers m’ont intéressée, sans me bouleverser. La louange m’a bercée et réjouie, sans me mettre en transe (bon ok ça ne m’arrive jamais). Quand est arrivée la soirée de prière, aucun thème évident de confession ou de supplication ne me venait… et puis finalement j’ai déposé un fardeau qui me travaille depuis un moment. Puisque j’étais là, à un soirée de prière, que j’avais le temps et l’espace pour réfléchir, les choses me sont apparues plus clairement, et ce souci avec lequel je vivais depuis longtemps et dont je m’accommodais, souci que des formations professionnelles avaient tout de même permis de pointer de plus en plus, il m’a semblé logique de le regarder en face et de le confier à Dieu. J’en parlerai peut-être un jour ici mais pour cette fois ce n’est pas mon propos principal ; ce qui compte c’est qu’on peut arriver complètement en touriste à une retraite ou conférence, se laisser simplement porter par le déroulement du programme et y trouver un moment qui rafraîchit et qui fait avancer.

Bon, après cette soirée de prière, j’étais soulagée mais j’avais eu ma dose de discernement. Revenir dans des choses plus pratiques sur le rapport au travail et aux autres, ça m’allait bien. Echanger avec d’autres participants, confronter nos expériences, très bien. Et puis on arrivait au troisième jour, vers la fin du week-end, et je me voyais bien repartir comme ça, légère et apaisée ; Sauf que les organisateurs – et le Saint-Esprit, qui peut se montrer facétieux – en ont ajouté une dernière couche, le dernier midi, avec un temps de louange et prière prolongé, propice à l’introspection, qui m’a donné l’occasion de faire un pas de plus, au-delà de ce que j’avais abandonné l’avant-veille, un pas vers un engagement, un projet, une façon de voir le monde et d’employer mon temps – et encore une fois, c’est un peu personnel et je préfère ne pas développer ici.

Au final, moi qui suis si prompte à la critique, je n’aurais pas grand-chose à dénigrer dans ces trois jours de retraite. Je suis très heureuse de m’être laissée convaincre, par mon amie qui faisait partie de l’équipe d’organisation, de tenter l’aventure. Certes il m’était du coup impossible de participer à la conférence « Chrétiennes engagées » qui avait l’air très intéressante aussi, mais je ne regrette pas l’emploi de mon week-end. Peut-être, il est vrai, qu’en allant à cette autre conférence j’aurais abouti aux mêmes éclairages intérieurs, parce que c’était ce qui me travaillait à ce moment-là. L’intérêt de ces manifestations ne diminue pas pour autant, elles offrent un temps et un espace favorables pour se reposer et examiner les questions qu’on a sur le cœur – même alors qu’on croyait n’en avoir aucune et être en pleine force – et favorables à la prière et à la prise de décision.

On dit que la vie de chrétien  ne se vit pas seul, mais en communauté, et on le dit généralement en pensant à l’église locale ; il me semble qu’on peut élargir à ces rassemblements occasionnels entre chrétiens qui ne se connaissent pas forcément mais partagent leur foi et le souhait d’approfondir leur relation avec Dieu. Le tout est de ne pas endurcir son cœur en arrivant, d’accueillir le programme proposé et de laisser ce chemin résonner avec mon état intérieur du moment. L’Esprit sait utiliser ces moments, et je ne crois vraiment pas que ce soit de la manipulation émotionnelle qui est à l’œuvre.

J’ai été touchée parce que je me suis laissé toucher. « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous ». Même mon petit cœur de chrétienne tradi peut vivre cela, avec simplicité et sincérité. Si vous me connaissez, vous savez que je ne suis pas encline à me laisser entraîner dans des débordements émotionnels… si vous êtes comme moi, plutôt du côté qui croise les bras que de celui qui tape dans les mains, je vous souhaite vraiment de pouvoir de temps en temps vivre un tel temps d’accueil de la présence de Dieu et de son action dans votre cœur.

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