Les réseaux sociaux, « la vraie vie » et moi

(source photo : unsplash.com)

Quelles sont les choses que nous laissons nous définir ? question posée par l’auteur du livre « Radicalement ordinaire ». Il partage son sentiment que nous avons laissé les réseaux sociaux, nos relations sur internet, prendre trop de place dans notre vie, jusqu’à nous définir. Que veut-il dire par là ? C’est à la mode de dire « j’ai laissé facebook me définir », « j’ai laissé la télé me définir ». Est-ce que ça veut dire que facebook décide de qui je dois être, comment je dois me comporter ? Dans cet exemple, ce serait plus précisément l’opinion que mes « amis facebook » ont de moi qui décide de comment je dois me comporter, parce que leur approbation est plus importante que tout pour moi. Le nombre de likes et de commentaires est le baromètre pour mesurer la réussite de ma vie, l’intérêt de ma personne.

C’est vrai, c’est un danger réel des réseaux sociaux, mais je crois qu’au-delà, c’est un danger réel dans tout cercle social, qu’il soit virtuel (par internet) ou physique, « dans la vraie vie ». On est en 2017, Internet a 30 ans bientôt, on ne peut plus dire qu’il y a « la vraie vie » qui consiste en des rencontres physiques, où on se voit en face à face, et « le virtuel » des relations par site interposé, que ce site soit facebook, instagram, snapchat… A ce moment, passer un coup de téléphone d’une bonne vieille ligne fixe, c’est la vraie vie ou du virtuel ? Écrire une lettre, c’est quoi ? Je peux présenter une image idéalisée de moi aussi facilement par une lettre que j’écris, que je mets dans une enveloppe et que j’envoie par la poste, que par un profil facebook savamment étudié pour me mettre en valeur, ou des photos retouchées juste ce qu’il faut sur insta.

La racine est la même, la motivation profonde qui nous pousse à enjoliver notre vie pour nous rendre plus intéressants : on a le sentiment que notre vie « telle quelle », sans mise en scène, n’est pas assez intéressante, pas assez remarquable, on ne fait pas assez de choses spectaculaires… alors les autres risquent de ne pas nous apprécier. Peut-être même de nous mépriser, nous trouver pathétique, ennuyeux… qui a envie d’être ennuyeux ? Pas moi ! Mais je ne fais pas des choses palpitantes tous les jours, alors comment donner une image plus fun autour de moi ? Je peux mentir à mes amis sur ce que j’ai fait de mon week-end pour qu’ils me trouvent plus swag, je peux saisir toutes les occasions de prendre une photo dès que je fais quelque chose de sympa qui pourra leur prouver que ma vie envoie du pâté… ça se passe sur les réseaux sociaux, mais ça se passe aussi tous les jours.

La vraie question c’est : pourquoi j’ai besoin de faire ça ? Si mes amis me connaissent et m’aiment vraiment, ils doivent m’aimer tel que je suis, avec mes talents mais aussi avec ma banalité. S’ils ne m’aiment que quand je peux leur prouver que j’ai fait quelque chose de spécial, est-ce que ce sont vraiment des amis ? Est-ce qu’ils sont là pour moi quand je déprime ou seulement pour fêter les bons coups ?

Si ce ne sont pas mes vrais amis, me désinscrire de facebook n’y changera rien. Si j’ai peur d’affronter le regard des autres, si je ne me trouve pas assez bien, le problème est dans mon cœur. Certes les réseaux sociaux peuvent l’amplifier, et on peut décider de les quitter quelque temps ou définitivement pour changer ses habitudes de pensée, ses réflexes de toujours faire « valider » sa vie par les autres. Mais il ne suffit pas d’arrêter ça sur facebook. Il faut arrêter ça dans ta vie, en comprenant quelle est ta vraie valeur, une valeur que personne ne peut t’enlever.

Tu es… unique.

Tu es… comme tu es, pas par hasard, mais par la volonté de Dieu qui t’a créé.

Tu es… une créature merveilleuse et qui reflète l’image de Dieu.

Tu es… l’objet de l’amour de Dieu le Père et de son Fils Jésus qui t’aime tellement qu’il a donné sa vie pour toi.

Tu es beaucoup plus qu’une image travaillée pour plaire aux autres. Et le Dieu qui t’a créé a des projets pour ta vie, des projets taillés sur-mesure pour toi. Tu n’as pas envie de faire un bout de chemin avec lui ?

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Une réflexion sur “Les réseaux sociaux, « la vraie vie » et moi

  1. Bonjour,

    Merci pour ce billet (abordé sous cet angle) sur ce livre, que je suis en train de lire et proche de le terminer.

    Tu relèves très bien les enjeux liés à l’identité, que l’on pourrait définir comme » ce qui me rend unique ». De là ce défi (et cette obsession ?) permanent-e : Comment le montrer et le partager, en toute intelligence et sans compromettre mon intégrité ?
    Et cette autre question existentielle : mon identité numérique (mes traces volontaires, involontaires ou subies en ligne) est-elle identique (ou « confondable » avec) à mon identité « dans la vraie vie » ou n’est-elle qu’une « hyper-extension » de moi ?

    A ce sujet, tu relèves que « On est en 2017, Internet a 30 ans bientôt, on ne peut plus dire qu’il y a « la vraie vie » qui consiste en des rencontres physiques, où on se voit en face à face, et « le virtuel » des relations par site interposé, que ce site soit facebook, instagram, snapchat… »

    Justement, c’est là l’enjeu : apprendre à discerner, pour ne pas les confondre, virtuel et vie réelle. Et il y a de quoi être interpellé si on en est aujourd’hui à se questionner si « passer un coup de téléphone d’une bonne vieille ligne fixe, c’est la vraie vie ou du virtuel ? » ou sur ce qu’est « écrire une (vraie) lettre ».

    Certes, « je peux présenter une image idéalisée de moi aussi facilement par une lettre que j’écris, que je mets dans une enveloppe et que j’envoie par la poste, que par un profil facebook savamment étudié pour me mettre en valeur, ou des photos retouchées juste ce qu’il faut sur insta ».

    Mais la différence, entre « écrire une vraie lettre à l’encre », passer un coup de fil ou poster, publier un mail, un message sur FB, se perçoit dans l’implication et la longueur/brièveté de ces messages. Ainsi, par exemple, une « vraie » lettre « à l’encre », « sur du papier », d’amour ou d’amitié, demande d’abord un effort de notre part : elle s’écrit sur plusieurs pages. Nous pouvons donc nous permettre la nuance, et surtout il est plus aisé de se livrer de manière plus authentique, d’exprimer ses sentiments ou un point de vue, sur plusieurs paragraphes circonstanciés/contextualisés.
    A l’inverse, l’usage des nouveaux modes de communication réduit les messages au minimum, pour les raisons/limites techniques suivantes : l’aspect immédiat, « temps réel » du message qu’on veut écrire ; et la technologie utilisée qui réduit l’expression à quelques mots ou quelques lignes (Twitter ne permet que 140 caractères, de même que le SMS ou Facebook, par ex).

    Autre grand défi que notre génération a à relever, et que l’on peut considérer comme le plus grand dérèglement auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, comme au temps de Noé : le déluge….d’information, celui des images et des paroles, qui ne permettent plus vraiment de se retrouver “chez soi” et avec Dieu, « dans le lieu secret » de la chambre ou de notre intimité.
    Le portable régit désormais nos vies et devient même de plus en plus envahissant. Un fait révélateur : chaque fois qu’on téléphone à quelqu’un, on lui demande: “T’es où ?” Comme si on ne pouvait plus être quelque part sans avoir à donner des explications de là où on se trouve. Et on n’a même plus besoin de demander aujourd’hui, puisqu’il suffit de géolocaliser le portable.
    Cette évolution entraîne une crise de l’intime, qui me paraît aussi être une crise de l’identité, qui est absolument dévastée par cette surexposition du sujet qui fait, en fin de compte, qu’il n’y a presque plus de sujet. Dans le passé, le sujet était un “Je” ou un “Je suis” qui avait la capacité de se retirer dans un “chez soi”.

    Enfin, comme tu le dis ailleurs, effectivement, il ne s’agit pas de « quitter quelque temps ou définitivement » les réseaux sociaux « pour changer ses habitudes de pensée, ses réflexes de toujours faire « valider » sa vie par les autres ». C’est le contraire qu’il faut faire, en considérant pourquoi nous sommes uniques, comme tu le dis très bien. Et plutôt que de se préoccuper des traces que nous laissons, choisissons plutôt de suivre les traces de Notre Seigneur, qui a choisi d’être un « humble roi serviteur » sur la Terre, et qui ne se préoccupait pas d’être « populaire » auprès des hommes, mais plutôt de recevoir l’approbation du Père, lequel « aime le Fils ».

    Bien à toi et bien fraternellement, et dans la joie de te lire prochainement,
    Pep’s

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