« Priez sans cesse », mission impossible ?

(photo Greg Rakozy)

(photo Greg Rakozy)

Qu’est-ce qui est le plus dur, lire la Bible tous les jours ou prier tous les jours ? Choisissez votre camp.

Pour moi la prière est bien plus difficile que la lecture. La lecture me permet de fixer mon attention sur un texte, d’en chercher le sens et les implications, alors que la prière me conduit systématiquement à divaguer d’une pensée à l’autre, pour finalement retomber sur les inquiétudes qui sont en toile de fond pour moi à ce moment-là ; au lieu de déposer mes fardeaux devant Dieu et de fixer les yeux sur Jésus, finalement je regarde mon nombril, encore plus que d’habitude. Lire la suite

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J’ai (juste) assez de temps

Un téléphone qui sonne. Puis un autre. Un collègue me passe une ligne avec au bout une question trop compliquée pour lui. On me rappelle sur la première ligne. Une autre collègue entre, un dossier à la main, prête à poser sa question, mais ferme la bouche en me voyant et bat en retraite… elle reviendra. Un agriculteur est assis en face de moi, il attend patiemment que je raccroche pour m’occuper de son dossier à lui. J’entends un collègue dans le couloir « la salle d’attente se remplit, ils râlent, on s’est trompés dans le planning des rendez-vous ou quoi ? ». Ma chef passe sa tête pour me demander de venir pour un point urgent. Encore le téléphone. Impossible de se concentrer deux minutes. Et la réunion de 10h30 ? Mince ! Vraiment désolée monsieur, je dois vous laisser avec ma collègue. Lire la suite

Pomodoro (2/2)

Il y a quelques temps, on parlait avec un ami de notre gestion catastrophique du temps de travail. Au début on en rigolait, puis la conversation est devenue plus sérieuse.

On a parlé stratégies. Il m’a vendu le système Pomodoro, c’est vrai que c’est assez génial comme truc, ça a l’élégance de la simplicité.

Trois pomodori bien disciplinés de 25 minutes chacun. (source : miccar.tumblr.com)

Trois pomodori bien disciplinés de 25 minutes chacun. (source : miccar.tumblr.com)

Pour moi ça a marché deux jours. Non, un jour et demi, en toute honnêteté. Au bout duquel ça me lassait déjà de me discipliner à couper toutes les 25 minutes. Je suis revenue à mes objectifs par demi-journées, sans plus de succès que d’habitude, évidemment.

Le diagnostic ? Il a été fait. Je suis refaite. Et après ?

En fait cet article n’apporte pas plus de réponses que le précédent. La lutte pour gérer mon temps est loin d’être terminée pour moi. Qui suis-je pour donner des conseils, des méthodes ?

En revanche je crois qu’on peut s’encourager. Qu’on peut en parler sincèrement, et pas se limiter à l’auto-dérision.

C’est assez facile de faire marrer une tablée entière en racontant ses records de démineur de la journée, ou le nombre de matchs de Roland-Garros qu’on a vus en intégralité en faisant semblant de taper un rapport, le casque sur les oreilles.

C’est moins facile de reconnaître honnêtement qu’on galère avec ça et qu’on a besoin d’aide et de prières. Parce que certes mon boulot n’est pas une fin en soi et je ne devrais pas m’y noyer. Mais je ne crois pas que les heures perdues à procrastiner glorifient Dieu en quelque manière que ce soit.

« Tournez-vous donc vers l’Eternel, et vous vivrez » Amos 5, 6

Pomodoro (1/2)

Je suis une fanatique des trucs et astuces pour mieux gérer son temps. J’ai testé un tas de petits logiciels à scotcher de tous les côtés de mon navigateur internet ou de ma boîte e-mail, avec plus ou moins de succès.

Et je perds toujours autant de temps.

Je me console en me disant que je fais un travail intellectuel (ouais ouais genre), que ce n’est pas possible d’être à fond en permanence quand on réfléchit à chaque mot écrit ou prononcé au téléphone.

Mais je sais bien que je perds un max de temps à tourner autour du pot, quand j’ai pas envie de travailler. Que ce ne sont pas des gadgets mais de bonnes habitudes qui peuvent m’aider (la miss ici dit la même chose en parlant de gestion des emails)(et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres). Que la discipline imposée de l’extérieur, ça va bien quand on a 8 ans, mais quand on est majeur et vacciné c’est bien une question de fermeté avec soi-même.

Baaark ça m’enthousiasme pas franchement, la perspective d’être ferme avec moi-même, pour ne rien vous cacher. J’aime bien me laisser vivre.

Jusqu’au moment fatidique où il faut boucler un projet, rendre un papier, faire une présentation. Le moment fatidique, c’est quelques jours ou quelques heures avant, quand je réalise que je suis désormais irrémédiablement en retard et que je n’ai plus d’autre choix que de consacrer mes soirées à cette tâche ou de reconnaître mon échec. Ou même les deux à la fois, y passer mes soirées et le rendre quand même deux jours en retard.

Je suis la seule à avoir ce problème ? Pitié dites-moi que non.

« Qui connaît ses égarements ? »

Petit commentaire inspiré de la lecture d’un recueil de méditations de Charles Spurgeon – qu’on ne présente plus. Bon, si vraiment vous ne savez pas qui c’est, googlez-le, vous aurez abondance d’info. Ce livre s’appelle « Courants d’eau pour mon âme », ce n’est pas le plus connu de ces recueils avec un petit texte pour chaque jour de l’année, mais je le trouve tout à fait à la hauteur de la promesse du titre.

Note du 8 février, à partir du Psaume 19.13 : « Qui connaît ses égarements ?  Pardonne-moi ceux que j’ignore »

Dans cette note, Spurgeon parle de ces péchés qu’on estime moins graves parce qu’ils n’ont pas de témoins, ni de conséquences évidentes sur les autres. Il donne l’exemple de la négligence d’un aiguilleur ferroviaire, qui peut causer un drame, ou passer inaperçue, suivant le passage des trains ensuite. Je crois qu’un des péchés qui me retient le plus de m’élever vers le ciel, c’est ma paresse intellectuelle. Personne ne la voit ; je donne le change en étant par moments extrêmement rapide dans mes raisonnements et dans mon travail. et quand je la reconnais devant témoins, c’est pour en plaisanter. Mais tous les jours, plusieurs fois par jour, je laisse ma pensée s’étirer en longueur sur des sujets battus et rebattus, au lieu de fermer résolument le dossier pour en ouvrir un autre. Je me promène complaisamment dans les sillons déjà creusés en relisant ce que j’ai écrit dans les semaines, les mois, les années précédentes. Pourtant, ça me ferait du bien de m’attacher à « défricher un champ nouveau », comme le recommande Osée 10.12, un petit peu chaque jour, pour y recevoir la bénédiction que Dieu souhaite offrir.