Avent 2013 – 10 décembre

Une semaine déjà ! Aujourd’hui un peu de théologie – j’ai pas trop l’habitude mais ça rentre bien dans le contexte, et puis le sujet me turlupine, donc votre avis serait le bienvenu.

Sur les bons conseils de quelques autres blogueurs, j’ai mordu dans un bouquin de théologie pure, pour une fois. Dans La vie par sa mort, John Owen ne parle pas directement de Noël, mais bien du sens du sacrifice de Christ… ce qui éclaire aussi le sens de sa venue sur terre.Donc ça va bien pour l’Avent.

Mais la thèse d’Owen me pose franchement problème. C’est seulement après avoir persévéré dans la lecture plusieurs jours, en espérant que lui et moi, on finirait par tomber d’accord, que je me permets de le dire ici.

En gros, corrigez-moi si je déforme, Owen explique que Christ ne peut être mort pour tous les hommes, puisque tous les hommes ne sont pas sauvés ; son sacrifice n’aurait donc pas été suffisant, ce qui est d’après Owen une hypothèse insultante vis-à-vis de Dieu. Christ est donc mort pour une partie des hommes seulement, ceux que Dieu a élus.

Il donne plein d’arguments très précis ou plus généraux, fondés sur l’étude de nombreux passages de la Bible, pour appuyer sa thèse.

Je ne vais pas rentrer dans le commentaire systématique ici, bien qu’en plusieurs points ses arguments m’ont semblé discutables.

Ce qui me pose vraiment problème, c’est le corollaire de sa thèse : Dieu n’aime pas tous les hommes de la même façon, son amour ne va pas jusqu’à souhaiter leur salut à tous.

Comment accepter cette idée ?

(Vous pouvez me prendre pour une chrétienne bisounours, avec une image superficielle de l’amour divin. Franchement je crois pas. Je peux pas le prouver c’est vrai.)

En ce temps de l’Avent, un temps pour se souvenir et se laisser toucher par cet amour qui est venu jusqu’à nous, cet amour auquel nous sommes plus chers que les oiseaux que pourtant il nourrit, je ne peux pas imaginer que certains humains sont exclus de cet amour.

Tous aussi indignes de cet amour, comment certains en seraient-ils malgré tout bénéficiaires et d’autres exclus ?

Alors on peut discuter sur la prédestination et le libre-arbitre, c’est vrai. Owen en parle. Mais affirmer froidement que Christ n’est pas venu pour tous, ça dépasse ma compréhension.